Mais qu’en est-il des énergies non quantifiables, de la conscience, voire de l’âme ? Ce sont encore des énergies, et quand il y a énergie, il existe forcément une logique. La partie et le Tout sont cohérents et contradictoires, mais le chaos n’est nulle part et la logique est partout :
“Qu’on appelle cette matière du nom que l’on voudra : l’âme, la conscience, l’inconscient, voir l’inconscient collectif de Jung, il reste que c’est quelque chose qui offre une certaine résistance, une certaine permanence, qui présente une certaine configuration et une certaine structure déterminée, comportant donc des lois, une déduction immanente, une logique”. (Les Trois Matières de Lupasco, P.62).
L’âme s’arrache de la matière, du système physique et biologique, car elle est faite de la connaissance et de la conscience des deux (ibid. p.94). Cet avènement de l’âme fait surgir dans l’être la conscience, une conscience consciente qui voit la nature des aspects transitoires et opposés de la vie et de la mort.
Dans cet affrontement, se crée une conscience de la conscience, une connaissance de la connaissance, qui sont la nature même de l’âme (p.95). Il fallait, peut-être, parvenir à ces sommets de l’indicible pour comprendre le sens que Stéphane Lupasco prête à ce mot énergie.
“L’énergie, dans ses constituants les plus fondamentaux, possède à la fois la propriété de l’identité et la propriété de la différenciation individualisatrice”. (L’expérience microphysique et la pensée humaine, Stephan Lupasco PUF, 1941,p.1).
La troisième matière contient en elle-même toutes les énergies. Le poète dirait qu’elle est “la vibration du point infiniment vibrant”, jolie manière pour exprimer l’énergie quantique. La troisième matière, n’ayant plus de caractère “objectif”, exprime une qualité psychique. C’est l’état T, où le psychique est indépendant du biologique. Lupasco voit dans la matière psychique la source du développement futur de l’homme qui, dit-il “aboutit à la conscience de la conscience et à la connaissance de la connaissance. Et on peut considérer que l’évolution est une évolution qui augmente de plus en plus la matière psychique de l’homme”.(pp. 108-109, L’homme et ses trois éthiques).
Michel Random (Bulletin Interactif du Centre International de Recherches et Etudes transdisciplinaires n°13 – Mai 1999
