« L’univers holographique de David Bohm. En 1981, un événement remarquable a eu lieu. A l’Institut d’optique d’Orsay, l’équipe de recherche menée par le physicien Alain Aspect a effectué une des expériences les plus importantes du XXe siècle.
La « découverte » d’Aspect et de son équipe consiste en une expérience, plutôt simple à décrire, plusieurs fois réalisée. David Bohm a donné une interprétation particulière de cette expérience. Les faits d’abord : les particules subatomiques comme les photons et les électrons sont capables de communiquer instantanément avec leur doublon indépendamment de la distance qui les sépare. Qu’ils soient à 10 mètres ou à 10 milliards de kilomètres ne fait aucune différence. Chaque particule réagit au comportement de l’autre comme si elles ne faisaient encore qu’une. Le moyen de cette communication (instantanée, en tout cas plus rapide que la lumière), pose un problème : il est indétectable. Cette communication viole la loi mathématisée par Einstein selon laquelle aucune masse ne peut voyager plus rapidement que la vitesse de la lumière. Le physicien David Bohm (de l’université de Londres) pense que l’expérience d’Aspect implique que la réalité objective n’existe pas, que malgré sa solidité apparente, l’univers est un fantasme, un hologramme gigantesque et magnifiquement détaillé.
Pour comprendre pourquoi Bohm fait cette affirmation ahurissante, il est nécessaire de rappeler ce qu’est un hologramme. Un hologramme est une photographie tridimensionnelle faite à l’aide d’un laser. Le fait important est que le relief est intégralement conservé : en particulier, l’observateur pourra voir, en déplaçant son œil, des parties de l’objet les plus proches de lui venir en masquer d’autres situées à l’arrière-plan. Cette idée permet de comprendre la découverte d’Aspect. Bohm croit que la raison pour laquelle les particules sous-atomiques sont capables de rester en contact entre elles indépendamment de la distance qui les sépare n’est pas parce qu’ils enverraient un mystérieux signal dans les deux sens (plus rapide que la vitesse de la lumière), mais parce que leur séparation est une illusion.
Dans un univers dans lequel rien n’est vraiment séparé d’autre chose, le temps et l’espace tridimensionnel doivent aussi être vus comme les projections d’un ordre et d’une unité plus profonds. Cette réalité sous-jacente peut être conçue comme une sorte de super-hologramme dans lequel le passé, le présent et l’avenir existent simultanément. Cela suggère que si l’on nous donnait les outils appropriés (dans l’hypothèse où ces outils puissent exister), nous serions capables d’atteindre au niveau superholographique les scènes du passé… et de l’avenir.
Ce que le super-hologramme pourrait contenir d’autre (que notre univers) reste une question ouverte. Il reste cependant permis de penser, dans l’état actuel des connaissances, que ce super-hologramme soit la matrice qui a donné naissance à notre univers : à la moindre particule qui a été, qui est et qui sera, à chaque configuration possible et à toutes les formes d’énergie, aux flocons de neige comme aux quasars, aux baleines bleues comme aux rayons gamma… Il doit être vu comme un super-entrepôt cosmique de « Tout ce qui Est » » (Propos cités dans le site Outre-vie.com)
David Bohm Physicien (1917-1992)
